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LIENS UTILES

Guerre 1914/1918 de juillet à décembre 1916 : Conférence de Jean-François Patris le Jeudi 17 novembre

Ce jeudi 17 novembre 2016, dans les locaux de la Bibliothèque des Deux Mondes, J-F Patris, notre conférencier poursuit la longue histoire de la Première Guerre mondiale. Plus précisément, son propos traite des événements qui ont émaillé la deuxième moitié de l'année 1916. Nous retrouvons bien sûr nos héros : Eugène le savoyard avec son frère Robert et Rudy, le soldat allemand, toujours sur le front de l'Est.

Comme promis dans le numéro 57, voici un résumé de la célèbre bataille de Verdun qui s'est déroulée de février à décembre 1916. Pourquoi Estelle restée dans toutes les mémoires ? C'est ce que nous allons essayer de vous faire comprendre en évoquant les faits les plus marquants de cette bataille mythique.

En décembre 1915, le général allemand Falkenhayn identifie Verdun comme la cible idéale pour porter un coup terrible à la France. Dès lors les préparatifs côté allemand vont bon train et ne laissent présager rien de bon. De l'autre côté on s'interroge, on polémique et seules quelques améliorations sont apportées par l'état-major français. Le 21 février l'offensive allemande est lancée. Un déluge de feu s'abat sur la région de Verdun. Le 25 février, un des forts censés protéger Verdun, le fort de Douaumont tombe aux mains des Allemands, malgré une résistance héroïque.


Quelques extraits du journal d'Eugène écrits en février 1916 :

25 février. Eugène écrit à sa chère Rose qu'il n'a plus une minute à lui tellement « ça barde » ! Voilà quatre nuits qu'il n'a pas dormi. Le ravitaillement est réduit au strict minimum mais /es munitions arrivent. Les pigeons sont bien à l'abri mais avec le vacarme ils tremblent toute la journée.

26 février. Les obus continuent à pleuvoir. Les hommes sont fatigués, pour se reposer ils ne peuvent que s'asseoir. Aujourd'hui c'est un peu plus calme et cela fait du bien d'avoir un peu de répit.

29 février. Toujours la lutte qui se poursuit. ll ne peut envoyer qu'une carte. Pour le moment il a la santé, la confiance et le courage. Mais quelle bataille !

Après la chute du fort de Douaumont, c'est le général Philippe Pétain qui prend le commandement des forces qui défendent Verdun. Sa première action est d'annuler les coûteuses contre-offensives d'infanterie et de se reposer sur l'artillerie pour arrêter l'offensive allemande. Il institue aussi un système très strict de rotation des troupes. En principe aucun soldat ne doit passer plus de 8 jours sur le front. Mesure qui redonne le moral aux troupes et qui contribue à l'importance symbolique de cette bataille et à la renommée du général Pétain.

Sous son impulsion la route reliant Bar-le-Duc à Verdun, appelée plus tard Voie sacrée, prend une grande importance et permet d'approvisionner le front en hommes, er matériel et en ravitaillement. De nos jours elle est matérialisée par des bornes casquées portant l'inscription NVS (Nationale Voie sacrée).

Journal de Robert, frère d'Eugène. Mars 1916 (à propos du trafic sur la Voie sacrée) :

Dans son journal Robert raconte son indignation. Certains officiers ont laissé leurs camions et leurs hommes exposés six à douze heures au feu de l'ennemi. Environ cinquante camions sont partis de Thiaucourt (40 km au sud-est de Verdun) à 5h30 du matin pour transporter du matériel de la gare de Bar-le-Duc dans un fort de Verdun. Or on ne pouvait charger, à Bar-le-Duc que dix camions et au fort n'en décharger qu’un à la fois ! D'où beaucoup d'attente et de fatigue, d'exposition au froid et aux obus pour /es derniers camions ! En mars les attaques allemandes se concentrent autour du fort de Vaux, dernier obstacle avant Verdun ; début juin il capitule et tombe aux mains ennemies.

Journal d'Eugène. Mai-juin 1916 :

Fort de Vaux. Huit mille obus tombent chaque jour sur le fort et ses environs et ceci par journée calme. Les conditions de vie sont épouvantables, /es hommes vivent dans la crasse. Les blessés s'entassent et les morts attendent qu'on les jette la nuit dans une fosse. Il ne leur reste plus que deux pigeons et ils sont dans un pauvre état.

C'est au général Nivelle qui a remplacé en mai le général Pétain' que revient le mérite de l’enrayement définitif de l'offensive allemande fin juillet) puis de la reconquête du terrain perdu entre octobre et novembre 1916 avec la récupération du fort de Douaumont. Cela au prix de lourds sacrifices humains. Le 19 décembre la bataille de Verdun s'achève sur une victoire française, une dernière offensive menée pour constituer une zone de sécurité autour des forts.

Le bilan de cette bataille est terrible : 700 000 pertes (morts, disparus ou blessés. 362 000 soldats français, 337 000 allemands), des millions d'obus ont labouré la terre et des villages entiers ont disparu.

Que s'est-il passé pendant la deuxième partie de l'année 1916 ?

Le 1er juillet les troupes britanniques et françaises s'engagent dans la bataille de la Somme qui sera encore plus sanglante que celle de Verdun. Elle prend fin en novembre 1917 malgré un bilan peu convaincant. Le front n'a pas été percé ! Beaucoup de morts, ni vainqueurs ni vaincus. Une innovation doit être mentionnée, pour la première fois on utilise une arme nouvelle sur un champ de bataille : le char d'assaut. Journal d'Eugène. Juillet 1916 : Il dit sa grande joie d'avoir eu une permission et de revoir les siens, ce qui lui a permis d'oublier pendant quelques jours trop vite envolés la dure réalité, la vie primitive des tranchées en dehors de la civilisation. Le 13 juillet il lui a fallu s'arracher à tout ce bonheur. Le lendemain à la gare régulatrice de Jessains, il apprend que son régiment est dans la Somme avec ses colombes. ll rejoint son régiment à pied et retrouve un tableau qui inspire l'horreur et remplît l'âme d'effroi.

Au même moment en Europe :

Les italiens continuent à se battre contre les Autrichiens sur l'lsonzo. Dans la montagne les combats sont rudes, malgré cela plusieurs offensives sont lancées d'août à novembre 2016.

La Roumanie déclare la guerre à l‘Autriche- Hongrie le 27 août et le 6 décembre les puissances centrales s'emparent de Bucarest. L'armée roumaine est écrasée et bat en retraite vers la Moldavie où les Russes acceptent enfin de les aider ! Là elle va se réorganiser. Les deux tiers du territoire roumain sont maintenant aux mains de l'ennemi.

Sur le front Est une offensive russe d'envergure est conduite par le général Broussilov dès juin 1916 contre les armées allemandes et austro-hongroises. Elle a pour but de soulager l'Italie de la pression austro-hongroise et les Français qui se battent à Verdun.

L'année 1916 est aussi très importante pour le développement de l'aviation. Quand la guerre éclate, l'aviation existe depuis 24 ans mais elle n'en est qu'à son balbutiement. Les armées françaises et allemandes vont vite prendre conscience que cette nouvelle arme peut jouer un rôle important dans la guerre moderne. Au début les avions ont un rôle d'observation et de renseignement puis un rôle offensif pour détruire systématiquement tous les appels ennemis.