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LIENS UTILES

Au temps des colporteurs, ces messagers des campagnes : Conférence de Geneviève Glandut le mardi 7 mars 2017

Madame Glandut, professeur d'histoire honoraire et présidente de l'association Mémoires des Pays de Guiers qui édite une revue annuelle "Mémosyn" (déesse de la mémoire) a présenté, devant nos adhérents attentifs, des dessihs, photos et plans pour rappeler la vie d'un colporteur savoyard saisonnier faisant son négoce en France.

Elargissons le débat . au cours des siècles derniers, 17e, 18e, et 19e, la Savoie, comme beaucoup de régions de montagne a été une terre d'émigrations marchandes.

Le colporteur quitte son village natal de Haute- Tarentaise, de Haute-Maurienne ou du Faucigny avant les premières neiges pour ne revenir que pour les foins. L'insuffisance et Ie manque de régularité des récoltes obligent beaucoup de jeunes montagnards à I'aventure mais ils ne partent pas au hasard et sans préparation portant leur balle sur leurs dos. Soit ils appartiennent déjà à une famille de colporteurs, car on devient colporteur de père
en fils, d'oncle en neveu, soit on se fait embaucher par un colporteur chevronné dont le parcours, les points d'arrêt et la clientèle sont bien affirmés. Les plus nantis possédaient des ânes portant paniers sur leurs flancs.

Il existe chez les colporteurs une hiérarchie selon le type de négoce exercé. En haut de l'échelle nous placerons les merciers qui ne vendaient pas que des articles de textiles, mais également de la quincaillerie, de l'épicerie, de Ia papeterie. Viennent ensuite les marchands de graines de jardin potager souvent originaires des Gets qui sont très spécialisés. lls ne pouvaient concurrencer et atteindre la notoriété des marchands de l'Oisans. Les chaudronniers, ffiâgnihs, ferblantiers et potiers d'étain saisonniers pratiquent la vente, l'entretien et la réparation des articles culinaires et ménagers.

Tout en bas de l'échelle du commerce nous trouvons les rémouleurs et aiguiseurs. lls poussent leurs meules et portent Ieurs accessoires. On voit ainsi de très jeunes enfants âgés de moins de dix ans accompagner leurs pères, leurs frères aînés et circuler de village en village. Ce sont des « gagne-petit »>, beaucoup venaient du Chablais. Ces centaines de colporteurs en revenant au pays rapportaient des marchandises nouvelles: étain, fourrures, argenterie, tissus. . .qu'ils revendaient à leurs compatriotes.

lls se déplaçaient non seulement en Savoie, mais suivant leur village natal se rendaient à Turin, dans Ie Val d'Aoste, êfl Suisse, dans les pays alémaniques, l'Alsace, la Bavière et jusqu'en Pologne et fortune faite, ils s'y fixaient, épousant une jeune fille de la région et créant un commerce avec boutique. Ce sont Ies colporteurs définitifs. Certains connurent la réussite, Ia fortuhe, Ia notabilité et alors la patrie d'origine profita de ces retombées financières. lls créèrent des écoles, des paroisses, offrant à I'église retables, tableauX, statues qui font les richesses du patrimoine baroque.

Bibliographie i « Colporteurs et marchands savoyards dans l'Europe des 1T et 1 B" sêc/es n de C.et G. Maistre et G. Heitz (à la bibliothèque du CCMS).