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LIENS UTILES

Guerre 1914/1918 de janvier à juillet 1917 : Conférence de Jean-François Patris le mardi 4 avril 2017

Mardi 4 avril 2017, à la salle Bellevarde, Jean­ François Patris nous présente les six premiers mois de l'année 1917. Après deux ans et demi de combats intenses, les soldats aspirent à la paix mais leur souhait ne sera pas exaucé et 1917 sera le théâtre de nombreuses mutineries.

Le premier aspect que développe J-F Patris est le blocus maritime imposé à l'Allemagne par les al­ liés. Dès 1914, la mer du Nord est déclarée zone de guerre et les navires y entrant le font à leurs risques et périls. La Royal Navy britannique réquisitionne même les paquebots de toute taille pour empêcher toute entrée de matières premières dans les ports allemands mais aussi pour surveiller et arraisonner les navires même neutres qui ne pourront poursuivre que s'ils n'ont pas de marchandises de contrebande destinées à l'Allemagne. En 1914, Guillaume Il, l'empereur d'Allemagne, avait prédit une guerre courte et une victoire éclair. Le pays avait donc accumulé des réserves en conséquence mais dès le printemps 1915 la pénurie s'installe et en 1917 les restrictions deviennent insupportables pour la population. Charbon, cuivre, nickel, coton, pétrole, blé, fourrage, engrais ... Tout manque.

Ce blocus mécontente aussi les Américains qui faisaient beaucoup de commerce avec les Allemands. Une colonie allemande importante est installée aux USA et milite pour que l'Amérique ne rentre pas en guerre aux côtés des alliés. Le colosse allemand est en train de se faire étrangler ! Ce que nous avons vu précédemment.

 

Au mois de décembre 1916 des demandes de paix avaient été faites par les Allemands mais les conditions sont jugées trop exorbitantes par les alliés et elles seront refusées. Alors les Allemands sont pris à la gorge, ils doivent combattre jusqu'à la mort et Guillaume Il signe un ordre qui va, nous le savons maintenant, mener l'Allemagne à sa perte :

« J'ordonne que la guerre sous-marine à outrance soit déclenchée avec la plus extrême vigueur le 1er février 1917. » Ils vont donc utiliser leurs sous­ marins qui sont devenus de terribles armes. A cause de cela les relations diplomatiques entre l'Allemagne et les Etats-Unis seront rompues.

Journal d'Eugène. Janvier 1917 :

Il raconte à sa chère Rose que -le froid (il gèle épouvantablement) n'est pas fait pour chasser le cafard. La perspective de reprendre la vie souterraine, nocturne et marécageuse n'étant pas fait pour le dissiper. Voilà deux ans et demi que ça dure, qu'on traîne entre vie et mort, jour et nuit cette misérable existence et il n 'y a encore rien de fait ! Tous les pigeons sont frigorifiés et il passe beaucoup de temps avec eux.

Le troisième point important évoqué par J-F Patris est la bataille du Chemin des Dames. Auréolé de ses succès à Verdun et à Douaumont le général Nivelle rêve d'une nouvelle offensive rapide sur le front occidental. Il échafaude des plans depuis son nouveau QG et persuade les Anglais d'y participer. L'offensive est fixée au 1er avril, les Anglais attaqueront autour d'Arras et les Français lanceront leur offensive en Champagne. Mais, fait invraisemblable pour les alliés, les Allemands se replient à partir du 21 février et cela pour plusieurs raisons :
- ils misent tout sur la guerre sous-marine ;
- les Russes s'effondrent et des divisions seront disponibles ;
- le plan de Nivelle a été largement distribué, les Allemands l'ont récupéré et comprennent que la nouvelle attaque va être terrible.

Journal de Rudy. Février 1917 :

Rudy est maintenant en France avec son régiment au sud de Péronne. Ses camarades et lui viennent de recevoir l'ordre de se replier et de détruire les maisons, d 'abattre les arbres et de fracasser tout ce qui se trouve sur leur passage ! Bref ils laissent derrière eux le plus désert des déserts !

Contre toute attente Nivelle ne veut pas renoncer à son offensive. Il attaquera en un endroit redouté de tous situé entre Soissons et Reims : le Chemin des Dames. Les Anglais se concentreront autour de Vimy. Quand l'attaque est lancée le 16 avril, les conditions météorologiques sont terribles (neige, gel et pluie) Les soldats français se heurtent aux positions bien aménagées par les Allemands dans les collines crayeuses qui dominent le Chemin des Dames. Les chars qui participent pour la première fois en grand nombre à l'assaut ne résistent ni au feu de l'ennemi ni aux sols boueux ! C'est un échec !

Journal d'Eugène Baurieux, bords de l'Aisne le 16 avril :

Eugène raconte le vis-à-vis avec les Allemands. Comment lancer une grenade ou mitrailler quand on voit le visage de l'ennemi ? Il dit : « Nous sommes devenus des animaux dangereux, nous ne combattons pas, nous nous défendons contre la destruction. La fureur qui nous anime est insensée, nous ne pouvons que détruire et tuer pour nous sauver ».

Les attaques successives ne permettent pas de percer le front ennemi et les soldats commencent à se rebeller. Le 16 mai, Nivelle quitte ses fonctions et Philippe Pétain prend le commandement de l'armée française. Le 20 mai éclatent les premières mutineries au sein des régiments ayant combattu sur le Chemin des Dames et qui refusent de re­ monter en ligne. Pour l'exemple certains seront fusillés. Pétain va devoir écouter les doléances des soldats et tout réorganiser en fonction des effectifs et du terrain. Il ne lance plus de folle offensive, le feu tue ! Il veut être prodigue d'acier et avare de sang. La vague des mutineries décroît et à partir d'octobre 1917 il n'y en aura plus.

Ailleurs dans le monde :
- En Russie les gens ont faim et à Petrograd le 25 février 1917 la garnison fait cause commune avec le peuple. C'est le début de la Révolution qui va jouer un rôle essentiel dans le déroulement de la guerre.
- Le 2 avril 1917 les Etats-Unis entrent en guerre. Le président Wilson, malgré son attachement à la paix, est contraint pour des raisons morales mais aussi économiques de la déclarer. Mais il faut tout organiser et les soldats américains qui débarquent à St-Nazaire à partir de fin juin ne seront opérationnels qu'en 1918 ! Mais cela permet aux alliés de reprendre espoir et aux Allemands de commencer à douter.