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L'église Saint-Jean-Baptiste à Cléry : sortie du samedi 27 mai 2017

Par un bel après-midi ensoleillé, Bernard Demotz nous accueille à Cléry pour la visite de l'église St-Jean- Baptiste. B. Demotz, professeur émérite de l'université de Lyon, médiéviste renommé, connaît bien ce bâtiment puisqu'il habite avec sa femme, une partie de l'année, dans l'ancien presbytère situé en face. Pour lui c'est toujours un grand plaisir de faire découvrir cet édifice aux personnes intéressées.

Avant de pénétrer dans l'église B. Demotz nous fait admirer le panorama. Le monument exposé au soleil est bâti sur un balcon du massif des Bauges et domine la combe de Savoie. Le cadre montagneux qui s'ouvre à nos yeux est impressionnant. Il s'étire du mont Blanc jusqu'aux sommets de la Maurienne.

Maintenant, notre guide nous raconte brièvement l'histoire de ce bâtiment. On suppose qu'une première église a été érigée au 5e siècle après J-C et que le bâtiment actuel, construit au 12e siècle, soit sur le même emplacement. Un prieuré (petit monastère) y fut accolé. Des chanoines de St-Augustin furent nommés par l'archevêque de Tarentaise pour administrer le prieuré et pour développer l'enseignement qui assurait une instruction bien supérieure à celui des écoles paroissiales. La seconde moitié du 12e siècle voit l'essor du prieuré, c'est à cette époque que l'église reçoit un superbe maître autel roman en marbre gris et vert dont nous reparlerons plus longuement. Au 13e siècle les chanoines de St- Augustin sont remplacés par un ou deux chapelains. Un peu plus tard sont construites autour de l'ensemble une enceinte fortifiée en partie en pierres mais aussi une maison forte face à l'église. Vient ensuite une période désastreuse due à la défaillance des archevêques (le prieuré se trouve réduit à une simple église paroissiale) et aux ravages causés par le « bon roi » Henri IV lors de l'invasion en Savoie en 1600. Le cloître est anéanti ainsi que ses dépendances, la maison forte en grande partie démolie, l'église pillée et saccagée. Restaurée fin 17e et dans la première moitié du 18e. elle subit la Révolution française. En 1793, les révolutionnaires français abattent le grand clocher aiguille, d'autres destructions ont lieu. Au 19e siècle avec le retour de l'autorité de la maison de Savoie l'église retrouve, grâce à des travaux importants, une belle physionomie. Le presbytère-école, construit dans les ruines de la maison forte début 18e, est consolidé. Après 1860, le Second Empire apporte une succession d'embellissements.

L'église St-Jean-Baptiste de Cléry est la seule église romane de Savoie à n'avoir subi aucune modification majeure et où l'on célèbre toujours le culte catholique. Sa silhouette trapue est accentuée par le lourd clocher qui a remplacé au 19e siècle le clocher aiguille. Devant la porte de l'édifice, B. Demotz nous fait remarquer que le tympan, sculpté ou peint, a disparu mais qu'il subsiste au-dessus des chapiteaux entourant le portail un décor sculpté. A gauche deux chouettes à face humaine incitent le passant à être vigilant sur le salut de leur âme. De l'autre côté des trèfles à quatre feuilles disent le bonheur d'entrer dans la maison de Dieu.

Puis nous pénétrons à l'intérieur en empruntant la nef centrale à trois travées. Ce qui nous surprend ce sont les colonnes écartées vers le haut quand on monte vers l'autel et droites quand on sort ! B. Demotz nous dit que les architectes expliquent que cela vient du jeu de la poussée des forces due à la toiture ! Nous découvrons maintenant la belle coupole qui domine l'avant-choeur et qui repose sur quatre robustes piliers. Notre guide nous fait remarquer le mariage réussi du calcaire gris bleu, pour les piliers et les arcs, et du tuf pour les voûtes. Nous remarquons aussi trois oculi ou œils-de-bœuf à la base de la coupole. A l'origine ils servaient à faire entrer la lumière à différents endroits de l'église. Aujourd'hui deux d'entre eux sont aveugles suite à des modifications de la toiture, le troisième, au centre, éclaire encore la nef au soleil levant. Le lourd clocher situé au-dessus de la coupole a dû être étayé. Pour cela deux ajouts sont venus donner à l'avant-choeur une allure de transept. Côté Sud, la chapelle Notre-Dame a été développée. Côté Nord la porte du cloître a été déplacée puis murée et une petite chapelle St-Joseph a été aménagée.

Nous voici maintenant autour de l'exceptionnel autel roman du 12e siècle. Ce marbre gris vert de cinq tonnes (!), sculpté sur place, placé autrefois au centre du chœur par les chanoines a été reculé au fond de l'abside. Les sculptures en faible saillie représentent la résurrection du Christ. Sur le devant de l'autel, au centre un ange tourné vers la gauche annonce aux femmes venues embaumer le corps du Christ qu'il est ressuscité ! Sur les pilastres séparant les scènes nous découvrons des entrelacs, symbole celtique d'éternité. Sur le côté gauche le sculpteur a représenté le donateur et sur le côté droit sa femme.

A l'entrée du chœur, B. Demotz nous montre deux chapiteaux du cloître posés à terre, les seuls qui ont été retrouvés. L'un deux a été retaillé et chose remarquable on peut y lire une inscription, non pas en latin, mais en patois savoyard : Edouard de Savoie. C'est le nom d'un célèbre archevêque du 14e siècle ayant embelli l'église et prodigué des bienfaits.

Maintenant notre guide nous parle de la période baroque bien présente dans cette église romane. Au 18" un grand retable a été installé au-dessus de l'autel. Il est surmonté d'un surprenant Dieu le père ouvrant les bras. Au-dessus de sa tête un triangle rouge évoque la Sainte Trinité. Ses colonnes torsadées et ses angelots sont aussi très représentatifs de cette période. Le tableau du milieu représentant La Vierge à l'enfant a été volé mais les deux statues qui l'entouraient sont toujours bien présentes. St-Jean-Baptiste à gauche et St-Jacques de Tarentaise, à droite. Dans la chapelle Notre-Dame, à droite, deux statues sont encore très intéressantes : un autre Dieu le père situé au-dessus de l’autel baroque latéral bénissant avec les trois doigts levés et tenant dans son autre main une Sphère surmontée d'une croix, et une Annonciation dont la datation est encore incertaine.

Cette sculpture charmante représente l'ange Gabriel qui arrive tout intimidé sur son nuage avec un bouquet à la main devant Marie surprise mais consentante ! Cette église renferme encore une rareté : un harmonium datant de 1861, entièrement en bois, comprenant 250 tuyaux. Il fonctionne toujours ! L'acoustique de l'église étant excellente des concerts y sont organisés.

Pour terminer ce bel après-midi culturel, B. Demotz et son épouse nous invitent à boire le verre de l’amitié chez eux. Nous acceptons avec plaisir et découvrons les pièces aux murs très épais et aux hauts plafonds. Annick Cros, la présidente, le remercie au nom de tous pour ses explications passionnées et passionnantes ainsi que pour sa convivialité.