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LIENS UTILES

La chapelle Saint-Hugues à Saint-Pierre d'Entremont : sortie du samedi 24 juin 2017

Pas fâchés de quitter la commune de La Motte­ Servolex accablée sous la canicule depuis plusieurs jours, nos adhérents ont pris place dans les voitures, enthousiasmés à l'idée d'aller trouver un peu de fraîcheur dans le massif de la Chartreuse.

En effet cette année notre sortie annuelle, à la journée, avait pour cadre la chapelle St-Hugues à St-Pierre-d'Entremont et le musée de l'Ours à En­ tremont-le-Vieux.

Nous respirions une légère brise et il faisait 20 de­ grés avant d'entrer dans la chapelle où un vigile et notre guide nous attendaient. Cet édifice est maintenant transformé en musée et quelques offices y sont encore célébrés dans l'année.

Construite entre 1884 et 1885 par les chartreux, l'église était dans un état de grand délabrement en 1952 quand un jeune peintre de 25 ans, Arcabas, se proposa de la sauver et de la décorer. Lorrain d'origine, il venait de finir ses études aux Beaux­ Arts de Paris et d'être nommé directeur du musée de Grenoble. Il proposa au maire de St-Pierre­ d'Entremont, d'entreprendre à ses frais, les travaux de rénovation.

Le maire accepta bien volontiers d'autant plus que la commune venait d'achever la restauration totale de la toiture et que les crédits communaux ne per­mettaient plus d'aller au-delà. Après avoir consulté le prêtre de la paroisse, personnage assez excen­trique pour l'époque (il portait des pantalons rouges, se déplaçait à moto, faisait écouter de la musique classique à ses ouailles...), celui-ci acquiesça aussitôt laissant au peintre toute la liberté pour agir.

Tout est à repenser ; le travail durera 40 ans et se fera par étapes. A l'été 1952, aidé de ses élèves grenoblois, Arcabas débute les gros travaux. Les murs, les dalles du chœur et de l'entrée sont déca­pés, les bancs vermoulus sont sortis ainsi que les restes du vieux plancher de la nef, les vieux vitraux encore debout, démolis ; seulement deux fresques sont alors sauvées ... On imagine aisément l'effroi des villageois devant un tel chantier.

L'humidité du bâtiment ne permet pas à Arcabas de peintre directement sur les murs comme il l'avait envisagé ; il fait ses peintures sur des toiles de jute dans l’atelier de Grenoble ; elles sont transportées et accrochées à St-Hugues où elles finis­ sent de sécher. Voulant donner à l'église « lumière et joie », il utilise des tons de rouge, noir, blanc. Fin 1972, le père Raymond Truffon décède.

Arcabas part au Canada et, à son retour en 1982, décide d'ajouter de nouvelles toiles au-dessus de celles qui sont déjà en place. Elles sont peintes sur des toiles de lin, à l'acrylique. Le plancher et les bancs pour les fidèles sont entièrement refaits à neuf, les vitraux du chœur des deux chapelles et la rosace au-dessus du porche d'entrée, œuvres du peintre, prennent leur place définitive. Le Christ en croix parachèvera le tout.
Actuellement nonagénaire M. Arcabas vit à St­ Pierre-d'Entremont où il exerce toujours son art et de nombreuses églises de l'Isère peuvent s'enorgueillir de ses ouvrages.

Le musée de l'Ours à Entremont-le-Vieux

Après ce long moment de culture, place aux ré­ jouissances terrestres. Nous nous dirigeons donc vers le Désert d'Entremont et le restaurant Chez Dany . Après un repas convivial, reposés et repus, nous reprenons les voitures pour aller visiter le musée de /'Ours des cavernes à Entremont-le­ Vieux.

Situé dans le parc régional du massif de la Char­ treuse , ce musée, créé en 2002 par M. Paul Girot de Langlade de Savoie, valorise la région. Rappe­ lons ici l'historique de celui-ci. C'est à l'automne 1988 que deux spéléologues MM. Marc Papet et Pierre Guichebaron ont découvert dans la grotte de La Balme Col/omb un exceptionnel gisement d'ossements. C'est après des jours d'intenses tra­ vaux afin de dégager les éboulis et les pierres en­ gluées dans l'argile, qu'ils font l'immense décou­ verte ! Devant leurs yeux ébahis, les squelettes des ours des cavernes reposent sur le sol, en con­ nexion, c'est-à-dire qu'aucun animal, aucun homme ne les avait vus avant eux. Personne n'avait pénétré ce sanctuaire depuis des milliers d'années ... Il y avait là, des restes de renards, de loups et de rares rongeurs. Cette grotte servait de lieu d'hibernation pour tous ces animaux.

L'ours des cavernes n'hibernait pas, il passait l'hiver en semi-léthargie. Les recherches ultérieures ont dé­ montré que ce lieu a été fréquenté par les animaux pendant plus de 20000 ans. Les ossements s'y sont ainsi empilés.
Les études faites ensuite par les scientifiques ont montré que 62% des ours étaient juvéniles ; beau­coup sont morts dans les jours , les semaines, les mois qui ont suivi leur naissance. On a retrouvé des ossements de jeunes oursons de dix à quinze mois et d'autres de deux ans. Ces individus mou­raient donc l'hiver. Parmi tout cela, les squelettes de jeunes femelles âgées de quatre à cinq ans font penser qu'elles sont mortes lors de leur pre­mière mise bas. Ce cap passé, une ourse peut vivre vingt à vingt-cinq ans. Les ours des cavernes étaient beaucoup plus grands que nos ours ac­tuels. Un ours adulte mesurait entre 2,50 et 3,50 m ; dressé sur ses pattes de derrière, il atteignait 3,50 m et pesait de 800 kg à 1 tonne ! On sait que ces ours occupèrent la partie sud de la méditerra­née, depuis la France jusqu 'aux Balkans.

La palynologie (étude des spores, des grains de pollen...) révèle que la végétation des environs de la grotte de La Balme était surtout composée d'herbacées et que les pins et épicéas y étaient clairsemés. Les hommes préhistoriques n'occupaient pas ces grottes et s'attaquaient très peu à ces animaux avec les armes de silex et les pieux en bois dont ils disposaient alors.

Tous ces ossements regroupés sont mis en valeur dans le musée. Le parcours reconstitue les parois et le sol de la grotte et 14 bornes lumineuses inter­ actives et ludiques le jalonnent. Fraîcheur, humidi­ té, semi-obscurité, tout est fait pour nous donner l'illusion que l'on est dans la grotte. Chaussés de lunettes permettant de visionner un film en 3 D, nous entrons dans la salle de projection où appa­raissent, sur un écran géant , en chair et en os, les ours des cavernes. Nous frissonnons ! Quel beau moment de découvertes scientifiques.

Nous ressortons du musée ; l'heure est venue de se séparer et chacun regagne sa voiture ou celle d'un ami, ravis de cette agréable journée.