logobourdeau

logobourgetdulac

logolachapelledumontduchat

logolamotteservolex

A VENIR

Aucun évènement à venir!

AGENDA

Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

LIENS UTILES

Aix-les-Bains, musée lapidaire thermes romains et palaces des coteaux : sortie du samedi 7 octobre 2017

Place de la mairie, à 14h30, nous retrouvons Brigitte Boiron, notre guide qui en 2016 nous avait déjà dévoilé une partie de l'histoire d'Aix-les-Bains (le casino et les palaces du centre-ville). Cette an­ née Monique Gies lui a demandé de nous raconter l'épisode romain d'Aix et les palaces des coteaux.
Brigitte Boiron nous souhaite la bienvenue et nous explique qu'Aix-les-Bains a connu deux périodes fastes : la période romaine et la Belle Epoque (19e, début 20e) au moment où les palaces étaient occupés par des célébrités qui venaient prendre les eaux.

En effet, ce qui fait la renommée de la ville, ce sont ses sources qui sont captées à l'origine d'une part immédiatement à l'est des thermes du centre-ville, sur les premiers contreforts calcaires des Bauges, d'autre part à Marlioz et enfin à St-Simon. Les sources thermales du centre-ville, celles d' « alun » et de « soufre » sont connues depuis !'Antiquité. Très chaudes (35 à 45°) et abondantes, elles sont aussi apaisantes pour le corps grâce à la barégine, une algue microscopique qu'elle contient. Les eaux de Marlioz sont froides et minéralisées. Pourtant ces deux sources ont la même origine, de l'autre côté du lac du Bourget, sur la montagne de la Charvaz qui draine l'eau de pluie. Cette eau s'infiltre sous le lac et, très profondément, sous Aix (moins 2000 m) puis remonte par un jeu de failles dans le calcaire. Le troisième ensemble, la source de St-Simon, est alimentée par les eaux de ruissellement de la Chambotte. C'est une excellente eau de boisson qui est captée, embouteillée et distribuée au niveau national.

A l'âge du bronze, des Ligures s'implantent au bord du lac, sur le futur site d'Aix-les-Bains et construisent des cités littorales. Puis ce sont les Celtes allobroges qui s'installent au pied du mont Revard, le niveau du lac ayant monté. Ils découvrent les résurgences des sources et s'en servent peut-être pour cicatriser leurs plaies. Au 1er siècle avant J-C quand les Romains conquièrent la Gaule, une cité gallo-romaine voit le jour. Il s'agit d' Aquae, un vicus, une bourgade semi-rurale reliée administrativement à Vienne. Les habitants exploitent les terres, cultivent la vigne et fabriquent des poteries. On y trouve aussi beaucoup de nécropoles. Les Romains construisent aussi des thermes dont la surface avoisine 6000 m2 , profitant de l'eau des sources !

Après cette introduction historique, notre guide nous emmène dans le musée lapidaire situé à côté de l'hôtel-de-ville. Nous sommes très surpris d'apprendre qu'il se trouve dans le temple romain dédié au dieu allobroge Bormo ou Borvo. Un culte lui était voué aux thermes d'Aix. Ce temple a donc été englobé par les marquis de Seyssel quand ils ont fait construire leur château au 13e siècle. Ses murs impressionnants faits de gros blocs montés à sec étaient recouverts de marbre. C'est le troisième temple de France le mieux conservé après Nîmes et Vienne. Il contient beaucoup de pierres gravées qui nous apprennent comment les gens vivaient à l'époque romaine, des statues aux beaux drapés qui ont perdu leur tête pendant la Révolution, quelques sarcophages très abîmés ...

Au 5e siècle les Burgondes envahissent la région et déstabilisent la civilisation gallo-romaine entraînant la ruine des thermes. En 1101, le duc de Bourgogne offre Aix à sa femme Hermengarde qui le confie au 1er comte de Savoie : Humbert aux blanches mains. Au 13e siècle les Seyssel deviennent seigneurs d'Aix et font bâtir un château dans lequel se trouvent maintenant l'hôtel-de-ville et le temple ! A l'extérieur Brigitte Boiron nous fait dé
couvrir la physionomie du temple. Nous distinguons très bien son fronton triangulaire et la cor­ niche très abîmée. Il nous faut parler aussi de l'arc de Campanus situé sur la place, qui date de la fin du 1er siècle avant J-C, de la même époque que le temple . Cet arc conçu comme une porte est un arc familial funéraire qui a été édifié par l'un des dix personnages les plus importants du vicus : Lucius Pompeius Campanus .

Il faudra attendre la fin du 18e siècle et le milieu du 19e pour que naisse le thermalisme moderne. En 1782 Victor-Amédée Ill fait construire un bâtiment royal face à la place où nous nous trouvons. Ensuite l'établissement thermal du centre-ville est une longue suite de superpositions d'architectures de toutes les époques. Il prendra sa forme définitive dans les années 1980 mais en 2000 sera remplacé par les thermes Chevalley situés un peu plus haut et répondant à toutes les nouvelles normes du 21 e siècle. Maintenant dans les immenses locaux des anciens thermes on trouve l'office du Tourisme, des bureaux, une école d'esthétique ..

Nous pénétrons maintenant à l'intérieur des anciens thermes pour découvrir les vestiges des thermes romains. C'est en 1772, à la suite de travaux de démolition qu'ils ont été redécouverts. Ils avaient été abandonnés au 4e siècle après J-C, après un glissement de terrain ou autre catastrophe qui avait eu lieu au siècle précédent. Nous montons au 1er étage et depuis une passerelle nous pouvons admirer ces vieilles pierres. Ces vestiges représentent 1/6e de ce qui existait, c'est­ à-dire 1000 m2. Nous pouvons encore distinguer les différents types de piscines qu'affectionnaient les Romains qui se rendaient quotidiennement aux bains : le calidarium pour les bains chauds, le tepidarium pour les bains tièdes et le repos après la sudation, et le frigidarium ensemble de piscines froides. Les thermes étaient chauffés par un système d'hypocauste . Un feu de bois entretenu en sous-sol dégageait de l'air chaud qui passait sous le plancher reposant sur des pilettes de briques (que l'on voit très bien sur le site) et chauffait ainsi les salles pour de longues heures. Notre guide aurait pu nous en conter beaucoup plus sur ces ruines mais il est temps de revenir à l'air libre pour découvrir les palaces des coteaux.

Nous voici sur le boulevard Georges 1er de Grèce et nous montons en direction des trois palaces somptueux qui recevaient les grands de ce monde et les riches personnalités du moment. Nous dé­ couvrons bientôt le Splendide, le Royal et l'Excelsior appelés aussi palaces « Rossignoli » du nom de leur concepteur italien. Le Splendide est le plus ancien, il ouvre en 1884, il sera suivi de l 'Excelsior en 1906 et du Royal en 1914. Ils constituaient un complexe important car une passerelle avec des boutiques de luxe les reliait et passait au­ dessus du boulevard que nous venons d'emprunter. Les curistes venaient prendre les eaux mais aussi chercher la tranquillité car ces palaces étaient entourés d'un écrin de verdure. Ils profitaient aussi des jardins aménagés et de la vue sur le lac et les montagnes.

Ces bâtiments sont de grands paquebots organisés en différents espaces fonctionnels : le rez-de-chaussée, ouvert sur les jardins, sert à l'accueil, aux repas, à la vie sociale mais aussi au contrôle de la totalité du bâtiment ; le sous-sol est réservé à l'intendance, cuisines, livrai­ sons, buanderie ; les deux premiers étages reçoivent les hôtes de marque et les domestiques occupent le dernier étage. Quand nous pénétrons à l'intérieur du Splendide nous admirons le hall d'accueil mais surtout le salon décoré de fresques , de colonnes recouvertes de lapis lazuli, de reliefs dorés à l'or fin. Le plafond renaissance à caissons nous surprend mais les architectes de l'époque n'avaient pas peur de mélanger les genres ! Notre guide nous fait remarquer que ces bâtiments sont des constructions en longueur où un couloir central dessert un service de chaque côté. Après 1945 la clientèle fortunée ayant disparu, ces palaces ont connu les mêmes difficultés que ceux du centre-ville. Aujourd'hui les palaces des coteaux ont été transformés en appartements et leurs occupants profitent d'un cadre exceptionnel dans des bâtiments riche en histoire

Notre visite s'achève, Annick Cros, la présidente, remercie chaleureusement notre guide pour ses connaissances, chacun s'est enrichi et notre guide nous promet d'autres découvertes sur Aix-les­ Bains aussi passionnantes pour une autre année.