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LIENS UTILES


"Guerre 1914/1918 de janvier à l’été 1918" : une conférence de Jean-François Patris le mardi 3 avril 2018

Avec Jean-François Patris, ce 3 avril 2018, à la salle Bellevarde, nous sommes replongés dans les hor-reurs de la guerre. Nos Français, Eugène dans l’Aisne, et son frère Robert sur les rives de la Meuse com-battent toujours, malgré le désenchantement. Rudy, l’Allemand, est dans le Nord avec la 2e armée. Il croit que la guerre est bientôt finie et que les Allemands vont la gagner !

L’année 1917 s’est terminée dans beaucoup de pays dans la désillusion, les batailles dantesques du Che-min des Dames, de Vimy, de Passchendaele, entre autres, n’ont pas permis de prendre l’avantage. Les soldats vivent toujours dans des conditions exécrables. Les Italiens défaits à Caporetto sont déstabilisés, le pays, la société et l’armée souffrent. L’armée russe, désorganisée par la révolution et la défaite contre les Austro-Allemands n’arrange rien.

La guerre sous-marine qui fait rage tourne peu à peu à l’avantage des alliés. Les Américains, qui ont décla-ré la guerre à l’Allemagne en avril 2017, ont débarqué en France et se préparent au combat. D’autres pays enfin ont rejoint les alliés : Cuba, Panama, la Grèce, le Brésil et même la Chine !

Les préparatifs de l’offensive du printemps 1918

Les Allemands veulent un nouveau Verdun pour écraser l’armée française. Ils veulent profiter des défaites sur le front français et sur le front russe car l’Allemagne aussi est lasse. Des grèves éclatent dans les villes allemandes pour protester contre la poursuite de la guerre. Leur situation économique passe de médiocre à critique. Des stocks de l’armée sont cédés aux civils en réduisant la ration des soldats.

Journal de Rudy, janvier 1918

Il est à Vis en Artois où l’infanterie adverse ne donne pas signe de vie. De fréquentes attaques de mines à gaz causent cependant de nombreuses pertes. Lui et ses camarades passent les journées à battre la se-melle dans un froid glacial. Ils attendent impatiemment le ravitaillement et quand le cycle des navets, du gruau et des légumes est amélioré par des haricots ou des pâtes c’est un vrai bonheur ! Ils préparent l’offensive en creusant des galeries et des chemins. Le commandant les harangue et ils pensent que c’est pour bientôt.

Les décisions sont prises fin 1917. L’offensive aura lieu au mois de mars 1918. Les Allemands attaqueront de l’Oise à la Scarpe, de la Fère à Arras. Ils sépareront les Anglais des Français et les encercleront vers le Nord pour les détruire.

Le 20 mars à Avesnes-sur-Helpe près de Maubeuge, le kaiser (l’empereur d’Allemagne Guillaume II) fait une apparition, il est là pour donner le départ de l’offensive ! L’ampleur des préparatifs est impression-nante : 1900 trains ont acheminé les obus mais il y a de nombreuses désertions et la météo pose aussi problème. Le temps est très sec et le vent n’est pas favorable à l’utilisation des gaz dont on compte faire une grande consommation. Le 21 mars, l’artillerie se met en marche malgré la pluie et le brouillard. C’est un tonnerre insensé. Churchill dira : « Les explosions se touchaient dans nos tranchées sans intervalle ni dans l’espace ni dans le temps ! ». Les jours suivants l’armée anglaise est désarticulée et les Allemands essaient de la séparer de l’armée française. Devant l’urgence Foch est nommé « Coordonnateur de l’action des armées alliées devant Amiens puis devant le front occidental ». L’acharnement de Foch est payant. Du 21 mars au 8 avril, l’armée allemande a creusé une énorme poche mais n’a pas brisé la cohé-sion franco-britannique ni ouvert la route sur Paris ! L’offensive allemande n’a pas donné les résultats es-comptés, il faudra la reprendre en battant les Anglais et en immobilisant les Français.

La deuxième bataille de la Marne 27 mai-6 août 1918

Fin mai, les Allemands reprennent l’offensive pour attirer les réserves françaises loin des Flandres et achever les Anglais. Le Chemin des Dames est franchi, les Allemands atteignent l’Aisne. La bataille de-vient une poursuite. L’objectif est atteint en une journée avec 16 km de progression. Après réflexion, les Allemands décident de poursuivre vers La Fère-en-Tardenois avec comme but d’aller jusqu’à la Marne ! Clemenceau, en colère, s’explique avec Foch sur la situation et la tactique. L’avance allemande même si elle est continue, est ralentie par quelques problèmes de ravitaillement.

La bataille change aussi de forme. On se bat maintenant dans des endroits intacts. Des ordres d’évacuation, de retraite générale circulent côté français mais Foch les intercepte et annule tout. Les Alle-mands veulent renverser les deux piliers : Compiègne et Reims.

Lettre d’Eugène, 25 mai 1918

Il écrit à sa chère Rose pour lui dire que chaque jour est un enfer permanent. Il a perdu son meilleur ami Arsène. Les conditions de vie sont si difficiles qu’il est devenu un fantôme barbu, maigre et sale. Cepen-dant, il garde l’espoir de vaincre l’ennemi. Il défendra la patrie comme il l’a toujours fait. Ce qui le fait tenir c’est le souvenir des jours heureux, des heures passées ensemble dans l’insouciance. Il termine en l’embrassant et en lui promettant de revenir.

Début juin, les Allemands atteignent la Marne, ils ne sont plus qu’à 90 km de Paris ! La bataille fait rage. Dans la nuit du 9 juin les fantassins français marchent toute la nuit ; pas de préparation d’artillerie mais la surprise et les chars ! Et cette fois les Français reprennent l’offensive. Le 12 juin tout s’arrête. De la Suisse à la mer du Nord, le calme se rétablit sur le front occidental.

Eté 1918. L’Autriche et la dernière offensive allemande

L’armée autrichienne est dans un triste état. Malgré tout le 15 juin 1918 elle franchit la Piave mais les Ita-liens prévenus par des déserteurs sont prêts et résistent vaillamment. Après huit jours d’avancées et de reculs successifs les Autrichiens laissent 30 000 prisonniers derrière le fleuve. Les Allemands leur deman-dent alors de participer à l’effort en France. Six divisions sont promises, deux seulement arriveront !
Le bilan en vies humaines est lourd, les Allemands ont perdu beaucoup d’hommes et la grippe espagnole commence à causer des ravages. Chez les Britanniques et les Français les pertes sont aussi importantes. Par contre les Américains arrivent à raison de 300 000 par mois. Sept divisions sont en ligne, dix en ins-truction, et six en cours de transport. Pour les Allemands il est urgent de vaincre rapidement ! Ils vou-draient prendre Reims, passer la Marne et aller vers Epernay. A l’issue, tout sera propulsé dans les Flandres. Ils comptent dix jours entre les deux offensives. Les soldats allemands donnent à cette offen-sive le nom d’offensive de la paix car ils sont convaincus qu’ils partent pour l’effort final. En France il y a de nombreux tiraillements entre les différents commandements alliés, chacun voulant tirer la couverture à soi ! Ainsi les Américains qui arrivent à flot ne doutent de rien. Ils veulent que leur armée soit sous la coupe de leurs généraux. La tension est palpable avec Pershing car Foch les traite d’amateurs ! Pétain et Foch sont en conflit, c’est Clemenceau qui y mettra fin en pla-çant Pétain sous les ordres de Foch. Ce dernier rêve de devancer les Allemands en préparant le premier une offensive pour reprendre l’initiative. Le 14 juillet l’histoire est en marche, les canons français ouvrent le feu mais l’artillerie allemande se déchaîne de Jaulgonne à Massiges, de la Marne à l’Argonne. C’est le sta-tu quo ! Dans les nuits du 15 et 17 juillet, les troupes françaises n’effectuent aucun réglage d’artillerie et réduisent leur activité aérienne. A l’aube du 17 juillet la 10e armée française se rue à l’attaque de l’Aisne à l’Ourcq et la 6e armée prolonge l’action jusqu’à la Marne. Quatre divisions américaines et une écossaise combattent avec les Français. Une nuée de petits chars les accompagnent. Côté allemand la surprise est totale, l’orage qui a éclaté rend les communications filaires impossibles. Devant Soissons, la progression se fait sur les deux rives de l’Aisne, la division marocaine et les deux divisions américaines de la 10e ar-mée surgissent dans les abris endormis. Pour le commandement allemand la fin de la journée est angois-sante car les Franco-Américains ont avancé de 8 km, capturé 10 000 prisonniers, pris 400 canons. Après avoir manqué de vigilance les troupes allemandes ont manqué de combativité. Le lendemain les attaquent allemandes cessent contre Reims, ils évacuent la rive sud de la Marne et se replient derrière la Vesle. Le projet d’offensive allemand est abandonné.

En Russie, les 16 et 17 juillet, la famille impériale au complet est assassinée.

La fin 1918 promet d’être difficile.