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Le fort Saint-Gobain, l’église d’Avrieux et le Muséobar : sortie du samedi 29 septembre 2018

Christian Delavenay, fin connaisseur de la Maurienne, nous a proposé une deuxième sortie avec des visites intéressantes. C’est pourquoi nous nous dirigeons ce samedi matin vers Modane où nous allons visiter le fort Saint-Gobain. Avant d’arriver à destination il nous explique pourquoi on a construit des forts en général.

Le fort Saint-Gobain

Au XIX° siècle avec l’amélioration de la puissance de l’artillerie les systèmes de fortifications évoluent. La chute des forts de Verdun durant la guerre de 14/18 permet de définir les impératifs auxquels doivent répondre les nouvelles fortifications.

Le fort Saint-Gobain situé en amont de Modane a pour mission de barrer la vallée de l’Arc à tout envahisseur venant d’Italie. Il s’agit d’un ouvrage construit entre 1933 et 1939 selon les caractéristiques des fortifications de la ligne Maginot :

  • le fort doit être le plus possible souterrain avec des locaux de vie ;
  • il est nécessaire de disperser les batteries pour limiter les dégâts des bombardements. Les blocs de combat sont reliés par un réseau arborescent de galeries souterraines ;
  • l’entrée doit être éloignée des blocs de combats ;
  • il faut assurer la vie des occupants (143 hommes) ;
  • cuisine, chambres de repos, éclairage, chauffage, wagonnets et monte-charges pour le transport des munitions, petite centrale électrique.

Le bloc d’entrée en léger retrait, sous une visière, est défendu vers la route par un canon de 37 et un fusil mitrailleur placé dans une cloche d’acier. Cette dernière qui émerge comme le kiosque d’un sous-marin peut encaisser des obus de gros calibre mais pèse 25 tonnes. L’entrée du matériel et du personnel se trouvent dans le même bloc. Un pont-levis métallique enjambe un fossé « diamant ». Ce dernier est surtout destiné à absorber les décombres en cas de bombardement pour qu’ils ne viennent pas boucher les embrasures et l’entrée. Dans ce bloc sont rassemblés l’émetteur-radio et le poste de garde. Une porte blindée coulissante et un sas de pressurisation donnent accès à la grande galerie de 250 m sur laquelle se branchent les quatre blocs de combat. Une petite voie ferrée permet de pousser des wagonnets pour des fardeaux lourds

La galerie conduit au bloc 1, un escalier et un monte-charge permettent d’accéder à un PC. Au niveau supérieur se trouve une chambre de tir pour deux mortiers de 81 et une cloche réservée pour un guetteur. La mission de ce bloc est de balayer les abords en défense rapprochée.

La galerie opposée dessert le bloc 2, le plus important avec un escalier pour accéder à un PC et une chambre pour l’équipe de quart. Le local d’assemblage des munitions est relié par une noria à la chambre de tir au-dessus équipée de 2 mortiers de 81 et une chambre voisine qui dessert 2 mitrailleuses et un canon de 47. Une cloche avec deux mitrailleuses battent la route du Bourget.

Le bloc 3 est un observatoire et un poste optique en liaison avec le fort Saint-Bernard situé sur la rive gauche de l’Arc.

Le bloc 4 le plus éloigné et le plus bas. On y descend par un plan incliné longé d’un monte-charge tiré par un treuil à bras. Il est composé d’une salle de tir de jumelage de mitrailleuses pour défendre la sortie du tunnel ferroviaire situé sur la rive gauche de l’Arc.

Cet ouvrage n’a pas servi lors de la guerre des Alpes, les assaillants italiens s’étant arrêtés en amont de Modane au niveau de la barrière de l’Esseillon. Par contre les ouvrages de même caractéristique dans la vallée du Charmaix (Lavoir et Pas-du-Roc) ont permis de retarder et d’empêcher les divisions italiennes de passer par les cols de la Roue et du Fréjus.

La visite terminée nous sommes heureux de retrouver la lumière et le soleil ! Les membres de l’association s’occupant du fort nous offrent un apéritif. Après les avoir remerciés nous reprenons le car en direction du fort Marie-Christine qui fait partie des forts de l’Esseillon construits au début du XIXe siècle. Ce bâtiment, racheté par la commune d’Aussois en 1975, devient après des travaux de restauration intérieure et extérieure un restaurant et un gîte d’étape. Après un déjeuner savoyard très convivial nous admirons depuis la terrasse le panorama sur la vallée. Avec le temps ensoleillé la vue est splendide.

Il est temps maintenant de nous rendre à Avrieux pour la visite de l’église baroque Saint-Thomas- Becket. Nous rejoignons notre guide qui nous présente rapidement la commune d’Avrieux située sur la voie transalpine qui va au mont Cenis. Au XVIIe siècle, le village comptait 200 habitants (430 aujourd’hui) qui élevaient des ovins et des bovins et cultivaient des pommes de terre, du seigle et du chanvre. L’hiver, ils gagnaient les vallées piémontaises pour trouver du travail. A cette époque, la ferveur religieuse était grande et au moment du concile de Trente et de la Contre-Réforme on décide d’agrandir les églises et de faire en sorte que le catholicisme sorte grandi de cette épreuve. La nouvelle église du village est un édifice simple et modeste, la flèche en pierre du clocher « lombard » n’est pas très haute et les toits sont recouverts de lauzes. Ce qui surprend à l’extérieur, sur la façade nord protégée des intempéries, ce sont des peintures exécutées par l’abbé Damé. Né en 1640, originaire de Lanslebourg, il devient docteur en théologie après des études à Paris. Il est nommé curé de la paroisse en 1680 et y demeure jusqu’à sa mort en 1722. Au XVIIe siècle, peu de gens savent lire, il faut donc les instruire par du visuel. La façade peinte représente les vertus puis au-dessous les sept péchés capitaux et enfin les châtiments pour ceux qui se sont laissés tenter ! Le diable est représenté derrière chaque personnage !

Avant de pénétrer dans l’église nous entrons dans le vestibule ou narthex. Cette partie avait deux fonctions :

  • une fonction sociale car on l’appelait aussi « le caquetoir ». Les habitants étaient heureux de se retrouver dans un endroit à l’abri du froid et prenaient des nouvelles des uns et des autres. C’était même ici que le conseil municipal se réunissait quand le temps ne permettait pas de rester dehors ;
  • une fonction spirituelle car là aussi des peintures racontent des épisodes religieux comme l’évocation de la passion, le jugement dernier… Sur la voûte est peint le martyre de saint Thomas Becket.

Une trappe située à l’entrée du vestibule donnait accès à une crypte où l’on entreposait les corps des morts en hiver, les enterrements ayant lieu au printemps. De nos jours on ne descend plus dans la crypte. Une porte du XVIIe sculptée et peinte, en pin cembro, sépare le vestibule de l’église. On ne connaît pas les artistes qui ont représenté au centre le Christ portant le monde, à droite saint Pierre et à gauche saint Paul. Au-dessus dans le tympan on peut admirer une Annonciation dont les personnages ont été inversés !

Nous pénétrons enfin dans l’église ! Construite sur un plan basilical, elle présente trois nefs débouchant sur un chœur couvert d’une coupole. Ce qui attire l’œil c’est le magnifique retable baroque du maître autel qui couvre tout le fond de l’église. Sculpté et peint en 1670 par des artistes locaux, il est doré à la feuille en 1680. L’emploi des colonnes torses, la profusion des dorures, l’abondance des ornements végétaux et des stucs révèlent une forte influence piémontaise sur les artistes locaux. Le tableau central représente la montée au ciel de Thomas Becket accueilli par la Vierge Marie et de nombreux anges. Dans les niches latérales on peut voir saint Thomas et saint Blaise, enfin aux extrémités entourés d’anges cariatides saint Etienne à gauche et saint Antoine à droite.

Pourquoi le choix de saint Thomas Becket ? Voici l’explication : Thomas est né à Londres au début du XIe siècle. Devenu juriste puis archevêque, il est nommé chancelier par le roi Henri II Plantagenet. Mais les relations se tendent entre les deux hommes et le roi le fait assassiner dans sa cathédrale de Cantorbéry. Dès 1173 il est canonisé. En 1214, le seigneur Antoine de Aprilis, venu d’Angleterre avec ses deux fils fonde la paroisse d’Avrieux qu’il consacre à saint Thomas Becket.

L’église renferme encore beaucoup de trésors et il ne faut pas oublier les deux autres retables eux aussi dorés à la feuille d’or, situés de part et d’autre du retable majeur. A gauche, l‘autel a été dédié à saint Joseph et le tableau du retable représente sa mort. De l’autre côté se trouve l’autel du Rosaire avec un tableau représentant la Vierge offrant le rosaire à saint Dominique et à sainte Catherine de Sienne.
Nous quittons l’édifice encore tout éblouis par toutes ces merveilles. Nous regagnons Modane pour notre ultime visite : celle du Museobar appelé aussi Musée de la frontière. Ce musée original redonne vie à l’atmosphère qui régnait à Modane, de 1860 à 1935, au moment où cette ville est devenue une nouvelle frontière française et une gare internationale. A cette époque de nombreux cafés existaient et grâce à des vidéos, des photos, un espace de danse et une collection de pianos mécaniques, le musée recrée l’ambiance d’un café et permet la rencontre avec la population de cette époque.

Cette journée a été appréciée de tous et c’est avec l’espoir de recommencer l’année prochaine que nous rentrons à La Motte-Servolex.