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LIENS UTILES


Le château de Clermont en Genevois et Nantua, sortie du samedi 25 mai 2018

Notre départ s’effectue sous un beau soleil. Nous prenons tout d’abord la direction de la Haute-Savoie où nous sommes attendus pour visiter le château de Clermont. Située sur une colline, sa silhouette massive domine le village. Au pied du château, nos guides nous attendent et nous pouvons commencer la visite.

Devant la porte d’entrée du bâtiment, notre guide nous souhaite la bienvenue et nous conte l’histoire de cette bâtisse qui date du XVIe siècle. Dès le milieu du XIIIe siècle se dressait un autre château dont l’existence est attestée par les archives. A cette époque c’est une résidence des comtes de Genève. En 1401, la maison de Savoie acquiert le comté de Genève. C’est à ce moment-là que la famille de Regard accède à la fonction de châtelain de Clermont. C’est à l’un de ses descendants que l’on doit le château. Il se nomme Gallois de Regard et est le fils de Pierre, notaire. Il a fait de brillantes études à Avignon et a passé une partie de sa vie auprès des papes à Rome en tant qu’évêque de Bagnorea (Bagnoregio). Devenu riche et puissant, il obtient du duc de Savoie, Emmanuel-Philibert, l’autorisation le 2 novembre 1576, de construire un nouveau château pour en faire sa résidence d’été. L’hiver, il réside à Annecy. La construction du bâtiment à partir d’éléments médiévaux de la maison de son père qui se dressait alors en contre-bas de l’ancien château, débute en 1578. Elle se termine en 1582, l’année où survient à Annecy le décès de Gallois. L’architecture du bâtiment est inspirée des modèles de la Renaissance italienne, c’est un des rares exemples dans l’ancien duché de Savoie. C’est un de ses neveux qui hérite du château. La famille de Regard conservera le bâtiment jusqu’en 1860 au décès de la comtesse Regard de Vars, denière du nom. Puis le comte Tancrède de Fortis l’acquiert et sa fille le revend en 1921 aux fermiers qui l’occupent, les Cottin. La famille Gay leur succède. Mis en vente en 1963, le château est acquis en 1966 par le département de la Haute-Savoie.

Avant de pénétrer dans la cour intérieure, notre guide nous fait remarquer que nous sommes devant la porte de service. En face, à la place actuelle du restaurant « L’auberge du château » se trouvaient les communs et c’était bien pratique pour les domestiques ! Cette façade située à l’est est plutôt austère, elle inclut la vieille maison du père de Gallois. On s’en rend compte car les fenêtres ne sont pas toutes au même niveau. La partie nord s’adosse à la colline, c’est la plus ancienne. Dans la grande cour intérieure renaissance, nous sommes époustouflés par les galeries à arcs surbaissés et balustres qui l’agrémentent sur trois côtés. Notre guide nous précise que ces galeries ne servent à rien, qu’elles sont là pour décorer l’espace et le théâtraliser. De la cour, nous découvrons aussi la façade sud. Pour l’apprécier il nous faut ressortir. A l’époque de Gallois, les invités venant du village arrivaient devant cette façade d’honneur. C’est pourquoi le décor a été particulièrement soigné. Le monumental portail central de style renaissance est encadré de murs et de deux tours qui rappellent le Moyen Age et la puissance. Les éléments qui décorent ce portail rappellent la richesse et la fonction de celui qui était le propriétaire : arc en plein cintre, bandes, fleurs, feuilles de chêne, corbeille de fruits …Mais le plus surprenant c’est le balcon situé au-dessus (le mur ayant été percé) qui permettait de voir mais aussi d’être vu !

L’intérieur du château nous réserve aussi de belles surprises :

  • La cave voûtée, dans la partie ancienne, dont le mur du fond est directement taillé dans la roche. Aujourd’hui, cette salle est louée pour des événements festifs.
  • Le bel escalier d’apparat, large et imposant, de style renaissance que nous empruntons pour visiter les appartements, a des plafonds décorés de clés de voûte sculptées.
  • Le mobilier exposé n’est pas celui du château mais d’époque. Quelques éléments nous surprennent comme ce coffre à bijoux offert pour un mariage blanc et rouge (le blanc pour la pureté et le rouge pour l’amour) ou encore ce coffre de voyage démontable.

Nous quittons avec regret ce château plein de surprises, nous regrettons de ne pouvoir assister à l’un des spectacles organisés pendant l’été par le conseil départemental. Nous reprenons le car qui nous emmène à Nantua pour déjeuner. Nous arrvons bientôt au restaurant Belle Rive situé au bord du lac où nous dégustons les quenelles de brochet accompagnées de la fameuse sauce Nantua aux écrevisses !

De retour à Nantua, nous visitons l’abbatiale St-Michel sous la conduite de notre guide. Cet édifice roman est le plus important du département de l’Ain.

Des fouilles ont permis de découvrir que l’abbatiale fut construite sur les ruines d’un monastère bénédictin du VIIe siècle. Situé sur le passage très important qui va de la Suisse à l’Italie d’une part et sur la voie romaine au fond de la cluse d’autre part, c’était et c’est encore un lieu incontournable pour les pèlerins qui vont à St-Jacques de Compostelle.

La vie monacale s’y déroula sans problème pendant plusieurs siècles jusqu’à l’arrivée en 959 des Hongres qui détruisirent tout sur leur passage. Les moines reconstruisirent le monastère au début du XIIe siècle. En 1100, le pape accéda à la demande du prieur de Nantua afin que le monastère passe sous la dépendance de l’abbaye bénédictine de Cluny.

Au XIVe siècle la ville de Nantua était riche, le commerce florissant avec de nombreuses auberges réputées (les rivières alentour grouillaient alors d’écrevisses). Les bourgeois concurrençaient les moines. Dans les fermes, l’élevage des bœufs permettait à tous les tanneurs d’utiliser les toisons pour faire le commerce de tapisseries de valeur.

C’est à cette époque qu’on apporta des modifications à l’édifice religieux. Des arcs-boutants furent construits ainsi que la partie haute du chœur de style gothique. L’écartement des piliers n’étant jamais le même, les difficultés furent nombreuses pour raccorder la nef à la façade. Des fouilles sous le premier pilier permirent de retrouver des peintures et des morceaux de vitraux du premier monastère

Au fil des siècles, l’abbatiale fut embellie ; les quatre vitraux du chœur datent du XVIIIe siècle, l’orgue composé de plus de 2000 tuyaux dont certains sont en bois, fut l’œuvre de Nicolas-Antoine Léthé, célèbre facteur d’orgues de la ville de Mirecourt dans les Vosges, réputée encore de nos jours pour ses luthiers. Cet instrument produit une musique demi-classique et demi-moderne ; il n’en reste que trois en état de marche actuellement.

Il fut classé monument historique en 1976.

A gauche de la nef, en entrant, on peut admirer la chapelle Ste-Anne avec sa voûte renaissance du XVIe siècle.

De part et d’autre du chœur, les deux chapelles se terminent par des murs et non par une abside, référence à l’ordre clunisien. L’autel avec ses deux anges en marbre, vient de l’abbaye de Méria qui n’existe plus. La coupole du clocher, toujours de style clunisien s’élève à 30 mètres. L’église possède le chef d’œuvre du peintre Eugène Delacroix, Le martyre de saint Sébastien datant de 1836. Ce tableau habituellement placé sur un des murs du chœur est actuellement prêté pour deux expositions en Espagne. D’architecture sobre, tout dans cet édifice invite au recueillement.

Répartis en deux groupes, nous terminons la journée par la visite du Musée de la résistance et de la déportation situé à 150 m de l’abbatiale.

Créé en 1985 par l’association locale « Les amis du musée de Nantua » qui regroupait déjà tous les objets et documents que les habitants offraient au fil du temps, il fut d’abord géré par celle-ci. Devenu musée communal en 2004, sa gestion fut reprise par le département de l’Ain.

Lors de sa création en 1985, l’association utilisa les locaux de la prison mixte fondée en 1863 et qui avait été fermée en 1953 ne renfermant plus qu’une trentaine de prisonniers. Cette prison a peu servi, son installation contiguë à la salle du tribunal facilitait le déplacement sans risque des détenus.

Une grande rénovation des lieux débuta en juillet 2015 et dura deux ans jusqu’à l’inauguration en septembre 2017. L’installation d’un ascenseur permet d’accéder à l’étage où de belles salles avec vitrines sont à la disposition des visiteurs. Le musée s’enrichit constamment car les dons arrivent toujours : papiers familiaux, photos, vêtements, armes, objets divers. Une commission valide ceux qui seront mis en exposition.

Nous reprenons notre car pour rejoindre La Motte-Servolex et nous nous quittons ravis de cette belle journée.