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LIENS UTILES


"Guerre 1914/1918 été 1918-11 novembre 1918" : une conférence de Jean-François Patris le jeudi 11 octobre 2018

Fin juillet 1918, les états-majors des armées alliées se retrouvent au château de Bombon, aux environs de Melun, pour chercher une solution qui pourrait tous les contenter. L’optimisme n’est pas de rigueur. Certains pensent que les alliés pourraient prendre l’initiative en juillet 1919 et gagner en 1920 ! 1918 est la cinquième année de guerre et le front de France a déjà englouti, de part et d’autre, plus de trois millions de morts!

L’offensive du 8 août 1918

Le 8 août 1918, l’armée alliée engage une importante contre-offensive en Picardie, au niveau de la Somme, entre Amiens et St Quentin. Foch veut dégager la voie ferrée Paris-Amiens et faire sauter le saillant de Montdidier. Au petit matin c’est la surprise et l’enfer pour les Allemands. Les Anglais disposent de nouveaux tanks : le Whippet et le Mark V qui sont répartis sur trois corps d’armées : canadien, australien et anglais. Les Britanniques attaquent au centre et au nord, les Français au sud. Ces derniers disposent de chars et d’une armée révolutionnaire : 1025 avions composés de Spads et de bombardiers de jour Breguet. Pour la première fois les alliés combinent une attaque aérienne avec une offensive terrestre menée par les chars puis par l’infanterie. Les lignes allemandes sont littéralement submergées et perforées. Les soldats allemands se rendent par centaines par milliers. Avant la fin de la journée, tous les bataillons ont atteint leur objectif, le front a reculé de plus de 10 km, les unités françaises et britanniques ont pu réaliser leur jonction.

Journal de Rudy. Vraucourt, août 1918.

Rudy se bat vaillamment à Vraucourt avec ses camarades. Les mitrailleuses tirent. Devant eux, la route offre un spectacle de jugement dernier. La mort fauche de tous les côtés. Ils s’élancent vers une tranchée écossaise quand soudain Rudy sent un coup sec dans sa poitrine, à gauche. Il se relève, le sang coule sous sa tunique. Une balle lui a traversé la poitrine. Soudain un fracas assourdissant éclate et il reçoit un coup sur le sommet du crâne. Avec un de ses camarades ils marchent vers l’arrière pour trouver l’ambulance. Sa blessure met du temps à guérir mais 15 jours plus tard il est de nouveau à Vraucourt.

Le kaiser est à Spa, son officier d’ordonnance lui présente le rapport sur la journée du 8 août. Il blêmit quand ses officiers lui avouent qu’ils n’ont plus l’espoir de trouver une solution stratégique pour retourner la situation à leur avantage. Il comprend que la seule solution c’est l’arrêt des combats.

La bataille s’élargit de Noyon à Arras mais les alliés n’exploitent pas à fond la panique de l’ennemi. L’armée allemande est bousculée mais pas complètement à genoux. Elle se replie sur les positions de début 2018. Suite à cette offensive des alliés, les Allemands et leurs amis organisent une conférence à Spa. Le chancelier dresse un tableau sinistre de la situation intérieure. Les civils allemands souffrent de nombreuses privations. La perspective d’un nouvel hiver de guerre consterne la population. Les négociations diplomatiques sont inévitables si l’on renonce à vaincre par les armes.

Jean-François Patris nous transporte maintenant à Salonique, ville située au nord de la Grèce, en Macédoine. C’est là qu’est cantonnée l’armée d’Orient qui s’est constituée après la déroute à travers l’Albanie et après l’évacuation des Dardanelles. Franchet d’Esperey, le Français, commande 28 divisions de 667 800 hommes (Français, Anglais, Serbes, Italiens et Grecs) qui attendent ! Clemenceau veut utiliser cette armée pour contraindre les Allemands à envoyer quelques divisions dans les Balkans ce qui soulagerait le front de France. Un plan est défini et il est convenu, après tractations avec les Italiens et les Anglais, que l’armée d’Orient attaquera l’armée bulgare (alliée des Allemands) mi-septembre.

Sur le front occidental

Pendant la deuxième quinzaine d’août les Français et les Anglais attaquent sans relâche. Soissons, Bapaume, Péronne sont reprises, l’armée ennemie est rejetée sur la ligne Hindenburg (ligne fortifiée construite par les Allemands pendant l’hiver 1916-1917).

Les Américains au saillant de Saint-Mihiel.

La commune de Saint-Mihiel située au sud de Verdun, est occupée par les Allemands et forme une hernie qui avance dans le territoire français.

Ce sont les Américains aidés par un corps colonial français qui la réduisent en deux jours. Pour leur premier engagement c’est une formidable réussite et Foch félicite Pershing. Quant aux Allemands, ils vont de désillusion en désillusion. Ils ne pensaient pas que les Américains seraient prêts si vite. Ils alignent maintenant 24 divisions au front, et en réserve, ce qui correspond à 45 divisions allemandes. Le rapport de force s’inverse réellement !

L’effort dans les Balkans et la fin de la Bulgarie

L’armée d’Orient se prépare à attaquer la Bulgarie, un rôle essentiel est donné aux Serbes. L’offensive commence le 15 septembre sur un front de 15 km. Les Bulgares s’enfuient mais les Allemands se battent avec courage. La montagne au sud est conquise entre les vallées du Vardar et de la Cerna. Les Allemands aimeraient avoir des renforts mais les Anglais attaquent le 18 septembre entre Cambrai et St-Quentin et l’Allemagne s’essouffle. De plus, un appel de détresse parvient aussi de Turquie. L’armée ottomane est attaquée en Palestine par les Anglais et n’oppose aucune résistance. En Bulgarie tout se précipite. Les villes de Gradsko et de Skopje tombent. Les armées germano-bulgares sont bloquées. L’armistice est demandé par les Bulgares. Le premier pays de la coalition germanique est vaincu. C’est le plus petit mais l’événement en Allemagne produit une sensation profonde. Le début de la fin.

Fin septembre, le dernier acte de la Première Guerre mondiale commence

Foch attaque encore et encore. Les alliés forcent les Allemands à traverser la ligne Hindenburg puis ils partent à la reconquête de la Belgique. L’armée allemande affaiblie est menacée par le virus socialo-communiste. Elle comprend qu’elle devra accepter les conditions du président américain Wilson.

Octobre, novembre 1918

La nette victoire de l’armée d’Orient est source de discorde. Les alliés n’ont pas tous les mêmes idées pour traiter avec l’Allemagne. Les Anglais et les Français regrettent que le président Wilson poursuive le dialogue avec les Allemands sans les consulter au sujet des bases de paix. Chacun voudrait dicter ses conditions et ne perdre aucune influence dans certains points stratégiques.
Le 8 octobre, Foch dresse les conditions de l’armistice : l’armée allemande doit livrer une grande quantité de matériel de guerre, elle doit libérer les prisonniers, évacuer les territoires français et belges, l’Alsace-Lorraine, la rive gauche du Rhin et les têtes de pont sur 50 km rive droite. Pour les Anglais c’est une ébauche d’un nouvel empire
Napoléonien ! Ils ne sont pas du tout d’accord.

Mi-octobre, le front bouge à nouveau. Le Chemin des Dames a été forcé par les Italiens. Les villes de Laon, Ostende, Douai et Lille sont libérées mais beaucoup sont ravagées. Les Allemands, cependant, résistent avec bravoure. Mais beaucoup profitant d’un relâchement de la discipline désertent. Foch qui ne souhaite pas que la guerre s’éternise en 1919 imagine une extension des opérations pour reprendre la Lorraine. Malgré tout, les tractations s’éternisent, les alliés se battent sans relâche partout où les Allemands sont encore présents et il y a encore des milliers de morts. En Italie, les armées italiennes franchissent la Piave et balaient la plaine vénitienne. Le 2 novembre, l’Autriche signe l’armistice à Padoue. Le prince allemand Max de Bade est nommé chancelier pour correspondre avec le président Wilson. Celui-ci désire que le peuple allemand change de dirigeants, que la guerre sous-marine cesse immédiatement. Le mot « paix » gagne du terrain. Puis Wilson se tait. La flotte allemande se mutine et refuse une dernière attaque contre un adversaire presque victorieux. Les Français veulent anéantir l’Allemagne mais les Anglais refusent par crainte de voir leur ennemi héréditaire devenu allié, mettre la main sur le continent ! Des troubles sanglants éclatent en France. Français et Américains se battent ! Enfin, la réponse de Wilson parvient au gouvernement allemand : envoyer les plénipotentiaires vers Foch, généralissime des armées alliées pour connaître la teneur des décisions. Le secrétaire d’État allemand arrive avec sa délégation à Rethondes le 8 novembre à 7 heures. A Spa, après des scènes dramatiques, l’empereur Guillaume II abdique. Le soir même la Hollande l’accueille. L’armistice est signé, après d’âpres discussions le 11 novembre à 5 heures du matin, le cessez-le-feu prenant effet à 11 heures.

Le bilan de cette guerre est terrible : chez les alliés 5 696 056 tués, du côté des puissances centrales 4 024 397 morts. Un total de 9 720 453 morts et 21 228 813 blessés sans compter les victimes civiles, les déplacements de population, les destructions. Proportionnellement aux chiffres de la population la France a perdu 10% de ses hommes, l’Allemagne 8%, la Grande-Bretagne 5,1%, la Russie 4,5%.
Le traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, ne pourra malheureusement pas éviter un second conflit mondial vingt ans plus tard.