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LIENS UTILES


"Guerre 1914/1918 - de juillet à décembre 1917" : une conférence de Jean-François Patris le jeudi 8 novembre 2018

Ce jeudi, J-F Patris, pour sa septième conférence, entreprend de nous raconter les faits les plus importants des six derniers mois de l’année 1917. Nous retrouverons au cours de cette période les Français, Eugène et son frère Robert, et Rudy l’Allemand engagé lui aussi dans cette terrible guerre.

L’offensive Haig

En juin 1917, le britannique Douglas Haig lance une offensive de grande envergure dans les Flandres à Ypres au bout du front. Cette bataille prendra aussi le nom de « Passchendaele ». Canadiens et Australiens y participent en grand nombre aidés par les Français. Le 7 au matin, des explosions fantastiques secouent ciel et terre, les canons tonnent et les fantassins s’élancent à l’assaut. Les Allemands cèdent, l’offensive détruit leurs positions à Messines. Le 31 juillet, les divisions de Haig marchent sur Ostende mais une pluie diluvienne vient tout gâcher. Le champ de bataille n’est qu’un immense marécage, les vagues d’assaut se figent dans un grand bourbier, le combat devient un enfer. Certains vétérans de Verdun avoueront que c’était un sommet dans l’horreur. L’offensive est arrêtée, Haig la relancera en août mais sans succès.

 

Journal d’Eugène, juin 1917

Eugène arrive avec son bataillon à Ypres la veille de l’offensive, le terrain est parsemé d’entonnoirs dans une désolation affreuse. Le 7 dans une panique générale et une confusion indescriptible il est projeté par le souffle d’un obus dans un trou voisin. Après un court moment de répit c’est l’offensive des fantassins. Eugène se demande alors comment résister dans cet enfer. Comment l’homme peut-il générer autant d’horreur et de tristesse ?
Eugène décrit aussi les conditions épouvantables de la vie dans les tranchées où l’odeur de la mort règne. Les rats les envahissent, les parasites leur rongent la peau. La boue envahit tout et le vent glacial leur gèle les os. On leur répète qu’il faut tuer pour survivre ! Cette vie est un enfer sans hygiène, sans repos, sans joie, sans vie. Ce qu’il souhaite le plus, c’est de recevoir la lettre qui l’enverrait en « perme » et qui lui permettrait de revoir sa famille, de retrouver sa chère Rose et un peu de réconfort.

En septembre et octobre Haig relance l’offensive. Toutes les attaques se ressemblent, Les hommes tombent par centaines, par milliers. Les conditions météorologiques sont désastreuses et Haig n’arrive pas à percer. Il va devoir dire son échec à Londres et pour le minimiser, accuse les Français de ne pas l’avoir assez soutenu !

Les affaires

Raymond Poincaré alors président de la République, dit de l’année 1917 que c’est « l’année trouble » ! En effet la France est secouée par une grosse affaire d’espionnage où plusieurs personnalités politiques sont impliquées. Dans la France déjà traumatisée par les combats, les échecs comme celui de la bataille du Chemin des Dames, les mutineries…tout cela passe mal et fait chanceler les certitudes des plus patriotes. J-F Patris évoque alors l’affaire du journal Le Bonnet rouge. C’est un journal satirique de gauche dont le rédacteur en chef, Emile Joseph Duval, contrôlé en gare de Bellegarde, a sur lui un chèque équivalent à 100 000 €. Le chèque d’abord confisqué lui est restitué par le chef du cabinet du ministre de l’Intérieur, André Malvy. Ce journal a été fondé par Miguel Almeyrada de son vrai nom Joseph Bonaventure qui est un proche de Joseph Caillaux, membre du gouvernement de Georges Clemenceau avant la guerre. L’enquête révèle que le chèque a été signé par un banquier allemand ! Le Bonnet rouge était donc subventionné par l’Allemagne. On comprend mieux pourquoi il était si pacifiste ! Le 13 juillet le journal est suspendu. Almeyrada est arrêté le 7 août, le 14 on le retrouve étranglé dans sa cellule. Duval est condamné à mort et exécuté. Malvy démissionne le 31 août, il sera condamné par la Haute Cour en 1918 à cinq ans de bannissement.

J-F Patris évoque ensuite le destin tragique de Mata Hari, à l’époque où l’espionnite est à son paroxysme en France. Mata Hari de son vrai nom Margaretha Geertruida Zelle est néerlandaise. Elle connaît une vie mouvementée et devient danseuse exotique et courtisane. Reconnue coupable d’espionnage en faveur de l’Allemagne, elle est fusillée le 17 octobre à Vincennes, victime certainement de sa naïveté et de la chasse aux traîtres.

L’Italie, d’août à novembre 1917

Le 18 août commence la 11e bataille dans le secteur de l’Isonzo (à la frontière actuelle entre la Slovénie et l’Italie). Grâce à des moyens importants, 7000 canons et deux armées de montagnards, les Italiens avancent et malgré les efforts des Autrichiens, se retrouvent au pied du mont San Gabriele mais ne peuvent le franchir. La bataille va s’arrêter. Les Autrichiens affaiblis par les combats et les maladies ne voient qu’une solution : faire appel aux Allemands.

Mais les Italiens n’en ont pas fini ! En octobre, ils subissent une cuisante défaite à Caporetto, toujours le long de l’Isonzo mais plus au nord. Les Allemands venus renforcer les Austro-Hongrois attaquent le 24, de nuit. Les Italiens, surpris par un déluge de gaz et d’explosifs, puis par l’assaut de l’infanterie et son avance rapide, sont atteints moralement, s’enfuient ou se rendent en masse. C’est une vraie déroute !
Les alliés s’affolent car l’Italie du Nord risque de tomber aux mains ennemies. Les renforts envoyés permettent de stabiliser le front le long du fleuve Piave, à une centaine de km à l’est de Venise. Les Allemands qui ne veulent pas renoncer à la grande offensive en France, lèvent aussi le pied.

La guerre sous-marine

La guerre se joue partout, sur terre, dans le ciel, mais aussi sous la mer. Depuis le début de l’année 1917 la guerre sous-marine est devenue impitoyable dans les eaux européennes et dans l’Atlantique. Les sous-marins allemands appelés U-Boot (abréviation du mot allemand « Unterseeboot ») sont nombreux. Chaque voyage des navires marchands ou de guerre et même ceux des pays neutres est devenu un véritable cauchemar. Pour mettre à genou le Royaume-Uni et le priver de toutes ressources il faut que les sous-marins allemands coulent 600 000 tonnes par mois ! Il va falloir que les alliés trouvent des mesures défensives pour que les pertes soient tolérables. Pour cela l’Angleterre intensifie les champs de mines. Puis les ingénieurs inventent l’hydrophone, appareil qui permet d’écouter jusqu’à 4 miles marins (7,2 km). La grenade sous-marine fait alors son apparition. Dès lors, les sous-mariniers sont de moins en moins à la fête et vivent aussi des heures d’angoisse quand ils sont pris en chasse. Des convois sont aussi organisés, ils sont défendus par des hydravions et des destroyers. Dès juillet, les pertes diminuent. En Allemagne c’est la déception, la guerre sous-marine totale était l’espoir. Les Américains vont venir en convois en Europe et pas un ne sera coulé !

L’automne 1917 en Russie

Après l’abdication du tsar Nicolas II en mars 1917, le gouvernent provisoire qui a remplacé le régime tsariste souhaite lancer une grande offensive. A Petrograd (Saint Petersbourg) l’homme fort du moment c’est Alexandre Kerenski, avocat et homme politique, membre du parti socialiste révolutionnaire. Il s’oppose aux bolchéviques qui veulent une alliance entre les paysans et les ouvriers pour mener à bien la révolution socialiste. En juillet A Kerenski est nommé chef du gouvernement provisoire et essaie vainement de redonner de l’élan à l’armée russe. Mais les soldats n’aspirent qu’à une chose : la paix. Malgré tout Kerenski décide de poursuivre la guerre pour honorer les engagements russes auprès de ses alliés. A la fin de l’été les offensives lancées par Kerenski et le général Broussilov échouent après quelques succès. Début septembre, la ville de Riga tombe aux mains des Allemands après des combats bien que certaines divisions russes aient bien résisté. Beaucoup de régiments ont déserté ou se sont rendus. Le 25 octobre, un coup d’État orchestré par les bolchéviques réussit et Kerenski doit s’enfuir. L’installation d’un nouveau gouvernement qui veut mettre fin à la guerre est un désastre pour les alliés. L’Allemagne, désireuse de répondre aux négociations de paix russes, accepte le 16 décembre un armistice qui met fin aux combats sur le front de l’est allemand.

Retour en France !

Journal de Robert, août 1917

Robert évoque les rives de la Meuse qui ressemblent au pays de la mort. La terre est bouleversée, brûlée. Le paysage n’est plus que champs de ruines. Les conditions de vie sont exécrables : la boue envahit tout, l’eau, la soupe, les latrines manquent. Cette guerre leur apparaît à tous comme une infâme et inutile boucherie.

En effet, sur les rives de la Meuse, les combats ont repris en août 1917. Pétain qui veut économiser des vies et qui ne veut plus de combats interminables, attaque à Verdun en changeant ses méthodes. L’artillerie crache pendant six jours avant que les hommes ne s’élancent. Ils avancent si bien que les Allemands vont se retrouver sur leurs positions de départ !

L’autre champ de bataille choisi en octobre est symbolique : c’est le terrible Chemin des Dames où le général Nivelle a brisé son armée et sa carrière. Les Allemands vont vivre l’épouvante et acculés se replient d’eux-mêmes. Pétain a encore fait la preuve que l’on peut gagner en minimisant les pertes. Pour la première fois, les assaillants ont perdu moins d’hommes que les défenseurs.
A l’automne 1917, Clemenceau se frotte les mains : il va arriver au pouvoir. Le 14 novembre le président Poincaré l’appelle et lui confie la formation du cabinet ! Clemenceau garde le ministère de la Guerre. Dans son discours d’ouverture, il met la guerre et les soldats au centre des préoccupations : « Un seul et simple devoir : demeurer avec le soldat, vivre, souffrir et combattre avec lui. Plus de campagnes pacifistes, ni trahisons. La guerre, rien que la guerre. Le pays connaîtra qu’il est défendu. » Le patriotisme reprend vie, Clemenceau devient l’incarnation de la résistance.

Dans le secteur de St-Quentin et de la Scarpe, vers Cambrai, le 20 novembre, le maréchal Haig utilise, outre l’artillerie, 300 chars blindés qui causent la panique dans le camp ennemi. Les fantassins avancent derrière les chars, les Anglais s’emparent des villages fortifiés et franchissent l’Escault. Mais Haig n’a pas assez de troupes pour exploiter son offensive et beaucoup de chars sont hors d’usage à la fin de la journée. Les Allemands vont se ressaisir et attaquer avec des troupes d’élite. Début décembre la bataille est terminée. Les Britanniques sont déçus car ils sont ramenés à leur point de départ mais les alliés ont compris l’importance des blindés et sauront s’en souvenir.

Le quatrième hiver arrive, les combattants sont épuisés. Il régnera un froid sibérien dans l’est de la France ! Les alliés restent sur la défensive attendant que les Américains soient prêts pour être à leurs côtés.